
La technique de pilotage pour changer de direction commence par le freinage, plus ou moins intense selon qu’on choisisse la corde ou bien l’extérieur. Pour effectuer un freinage efficace, il faut être debout sur la moto le plus reculé possible, jambes et bras presque tendus. Le frein avant est dosé avec deux doigts pour approcher la limite de l’adhérence, alors que le frein arrière est utilisé par à coups pour placer la moto dans la position idéale avant le virage, c'est-à-dire en position d’appel-contre appel.
Pour un virage à droite, cela consiste à déraper légèrement du coté opposé au virage. Au moment de relâcher le frein, la moto inverse systématiquement le sens du dérapage. C’est aussi le moment de s’asseoir et de remettre les gaz avec douceur mais constance car c’est l’accélération qui permet de tourner, comme tout véhicule à propulsion d’ailleurs. La roue arrière chasse et le guidon est placé naturellement en position de contre braquage.
Il est capital qu’une moto de rallye soit équipée de bonnes suspensions. Le terrain est inégal et la moto subit des impacts ininterrompus. Les suspensions de la majorité des motos de série sont trop souples, surtout à l’avant. La chaleur liée aux longues heures de fonctionnement diminue la fermeté et la détente de la fourche et il devient alors très difficile de contrôler la moto. Ce phénomène déjà très inconfortable en ligne droite devient extrêmement délicat au moment de changer de trajectoire. La fourche s’enfonce et moto a tendance à vouloir aller tout droit, bien que les freins soient relâchés au moment de rentrer dans la courbe. On dit que la moto sous vire. Ceci fut le cas pour ma moto, n’’ayant pas le budget pour me payer une bonne fourche Ohlins avec amortisseur de direction. Ce phénomène sera en plus amplifié par le fait que la suspension arrière a reçu quand á elle une préparation efficace mais disproportionnée par rapport á l’avant.
Dans le cas des grandes courbes rapides, il convient en général de rester debout, le poids sur l’avant pour avancer l’axe de pivot et pour éviter d’écraser la suspension arrière. Le pilote serait dans ce cas éjecté au moment de la détente du ressort. L’accélération et le contre braquage déterminent le rayon du virage. C’est certainement le virage le plus joli à regarder. Quand il est exécuté par Marc Coma ou Cyril Despres, c’est de l’art.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire