
Dès notre plus jeune âge, nous sommes tous conditionnés par notre environnement familial et socioculturel. La nature des rêves de chacun de nous dépend du flux d'émotions et d'informations que nous enregistrons.
Ma famille, d'origine espagnole, s'est installée au Maroc en 1837, à l'époque où de nombreux Européens ont cherché fortune vers la terre promise. Le premier Navarro à avoir obtenu la nationalité Française a été le père de mon grand père né en 1862 dans ce qui était alors un protectorat Français. Puis mon grand père Mathéo, mon père Pierre, ainsi que ma soeur et mon frère, sont nés à leur tour sur le continent africain.
Des 19 cousins germains, je suis le seul né en France à mon grand regret. C'est certainement de cette situation qu'est née une grande attirance pour l'aventure à travers les récits merveilleux que l'on pouvait entendre lors des grandes réunions de famille. A l'époque de mes alleux, vivre au quotidien en Afrique représentait déjà une aventure. Les distances étaient contraignantes car les transports étaient d'autant plus lents que la nature des pistes précaires. Mon grand père, fermier dans le village de Martimprey du Kiss au Maroc oriental, est décédé dans la charrette qui le transportait à l'hôpital de Nemours en Algérie, distant d'une centaine de kilomètres seulement. Il n'avait que 37 ans et 7 enfants dont mon père alors âgé de 5 ans.
Parmi les récits paternels, ceux faisant référence à la jeep Hotchkiss qu'il conduisait pendant la seconde guerre mondiale me fascinaient. Il avait la pudeur de nous raconter cela comme une extraordinaire aventure, occultant volontairement la toile de fond dramatique et macabre de ces cinq terribles années. Comme il transportait le courrier entre l'état major et le front, il a parcouru des milliers de kilomètres dans la boue, le sable et les pierres, toujours en territoire hostile, seul dans la nuit, sans lumière pour ne pas être repéré par l'ennemi anxieux de mettre la main sur des documents importants. Il a reçu à ce titre une des plus hautes distinctions militaires avec palme d'argent.
Après la guerre, il a exercé le métier de chauffeur routier jusqu'au rapatriement massif en France de 1962. Il faut se rappeler qu'à cette époque les chauffeurs routiers en Afrique du nord étaient aussi et avant tout d'excellents mécaniciens. C'était tout simplement vital car il n'existait aucun moyen de communication entre le camion et la ville, et encore moins de systèmes de localisation. Il suffit de voir cette vieille photo du camion Berliet, la gazelle du désert, pour comprendre que ces gens là ont vécu le "Dakar" au quotidien dans l'anonymat le plus total, avec pour seule récompense l'honneur de la mission accomplie et la satisfaction de pouvoir sustenter leur famille. Mon regard vis à vis de ces héros n'a pas changé. Il est le même que celui que je portais lorsque j'étais cet enfant curieux et rêveur.
Le début des années 80 correspond à mon adolescence. Thierry Sabine, fondateur du Paris Dakar a contribué à faire connaître l'Afrique pour la plupart des gens. Dans notre foyer, l'Afrique rappelait l'Afrique. Je suis sûr aujourd'hui que mon père regardait ces images avec beaucoup de nostalgie et de tristesse. Pour ma part, c'était comme si je voyais pour la première fois tout ce que j'avais imaginé jusque là. Ces décors me semblaient si familiers que participer au Dakar en moto, génération oblige, deviendrait dès lors un de mes rêves les plus assidus.
Document d'époque sur Martimprey
C’est un poste militaire ,un village. Toutes les voies de communications de la région convergent à Martimprey du kiss. Un service régulier et quotidien par autobus pour le courrier postal et les voyageurs est assuré d’Oujda à Martimprey et Berkane . Les charrettes y sont nombreuses particulièrement pour le transport des marchandises .
La population du centre se compose de 1100 habitants dont 474 Européens . Le centre de Martimprey dépend du contrôle civil des Beni-Snassen dont le chef-lieu est Berkane . Les deux tribus rayonnant autour de Martimprey ( Beni khaled ) comptent environ 13000 indigènes sous l’autorité des Caïds Elyacoubi et Ould Ali .
Epiciers : Navarro ; Mirailles ; Bensoussen ; Bendenoun ; Cohen ; Bounouar ; Amsellem ; Choukroun .
Fabricant de crin végétal : Cailler .
Meunier : Cailler
Agriculteurs propriétaires : Thévenot ; Gaufreteau ; Compagnie Marocaine ; Navarro ; Pitzini ; Combette ; Pérez ; Krauss ; Tripart ; Pellelier ; Mirailles ; Boukris ; Murcia ; Baix ; de Nantes ; Vire .
La population du centre se compose de 1100 habitants dont 474 Européens . Le centre de Martimprey dépend du contrôle civil des Beni-Snassen dont le chef-lieu est Berkane . Les deux tribus rayonnant autour de Martimprey ( Beni khaled ) comptent environ 13000 indigènes sous l’autorité des Caïds Elyacoubi et Ould Ali .
Epiciers : Navarro ; Mirailles ; Bensoussen ; Bendenoun ; Cohen ; Bounouar ; Amsellem ; Choukroun .
Fabricant de crin végétal : Cailler .
Meunier : Cailler
Agriculteurs propriétaires : Thévenot ; Gaufreteau ; Compagnie Marocaine ; Navarro ; Pitzini ; Combette ; Pérez ; Krauss ; Tripart ; Pellelier ; Mirailles ; Boukris ; Murcia ; Baix ; de Nantes ; Vire .

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire